La crise du logement ne s’estompe pas!
Encore cette année, la Ville de Québec a été reconnue admissible au Programme d’aide d’urgence 2005 au ménages sans logis et aux municipalités connaissant une pénurie de logements locatifs par le gouvernement du Québec, annonçait la ministre des Affaires municipales et des Régions, madame Nathalie Normandeau. Un total de 19 millions $ était donc alloué cette année « pour contrer les effets les plus néfastes de la pénurie de logements en 2005 ».
Le premier volet du programme prévoyait l’octroi de quelques 800 suppléments au loyer d’urgence d’une durée d’un an et attribué aux ménages sans logis au 1er juillet. Ces suppléments au loyers sont accordés « exclusivement à des ménages résidants dans l’une des 123 municipalités admissibles au programme, soit celles des régions métropolitaines et des agglomérations de recensement dont le taux d’inoccupation des logements à louer était, en octobre 2004, égal ou inférieur à 1,5% ».
À la lecture des statistiques du 8 juillet 2005, le Comité constate que la Croix-Rouge, organisme en charge de l’opération pénurie de logements 2005, a reçu moins d’appels cette année (283 contre 408 en 2004) à son centre d’opération (no de téléphone 691-2345). Il est également à noter que le nombre de demandes pour un supplément au loyer a également diminué (92 pour 138 en 2004). Le Comité s’inquiète cependant de voir que la proportion de ménages jugée inadmissible à un supplément au loyer est plus élevée cette année que l’an dernier.
Le Comité s’interroge également sur le critère d’admissibilité au programme des suppléments au loyer pour les régions métropolitaines et des agglomérations de recensement, actuellement fixé à 1,5%. Si la tendance se maintient, la Ville de Québec devrait voir son taux d’inoccupation passer au-dessus du critère d’éligibilité et donc ne serait plus admissible aux mesures d’urgence. Or, si le taux d’inoccupation général franchit la barre des 1,5%, il n’en va pas de même pour les logements dont le loyer est de moins de 350$/mois pour lesquels le taux d’inoccupation est largement inférieur à 1%. Cette catégorie de logement est également celle qui a subit les plus importantes hausses de loyer : elles étaient d’environ 9% contre 4% pour les logements de plus de 350$ en 2004 dans la région de Québec.
La crise du logement change de visage : on doit maintenant parler de crise du logement à bas loyer et, selon le Comité, elle n’en est pas moins grave pour autant.
Pour informations : Etienne Grandmont, animateur-coordonnateur
Date: 13 juillet 2005