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La pénurie de logement existe toujours!…mais elle change de visage.

La Société canadienne d’hypothèque et de logement du Canada (SCHL) présente chaque année, à la mi-décembre, des statistiques sur le monde de l’habitation. Ces données ont permis d’appuyer les revendications soutenues par le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) et, plus près de vous, par le Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur relativement à la pénurie de logements locatifs qui sévit depuis 2001. L’écho médiatique avait été très fort et avait forcé les autorités à reconnaître l’existence du problème et à y trouver des solutions.

Les décideurs avaient, à l’époque, convenu d’octroyer un supplément au loyer d’urgence et d’offrir des services tels l’hébergement temporaire, des billets d’autobus et le déménagement des meubles. Le FRAPRU et ses groupes membres n’étaient pas en parfait accord avec cette solution : la meilleure aurait évidemment d’investir massivement dans la construction de logements sociaux et garantir des solutions pensées à plus long terme. Malgré tout, et devant la reconduction cette forme d’aide d’année en année, le FRAPRU y a tout de même vu une façon d’aider temporairement les familles se retrouvant à la rue au 1er juillet.

Les ménages les plus pauvres risquent cependant de se voir privés de toute forme d’aide d’urgence lors des prochains étés. Pourquoi? Parce que le taux d’inoccupation général des logements locatifs privés est en voie de passer au-dessus de la barre des 1,5% pour l’ensemble des grandes agglomérations du pays. Passé cette limite, plus d’aide d’urgence! Or en regardant les statistiques de la SCHL, on se rend compte que les logements ayant des loyer de luxe gonfle artificiellement le taux d’inoccupation : les logements que recherchent les ménages les plus pauvres restent toujours très rares.

La pénurie de logement change donc de visage. En 2001, elle touchait indistinctement riches et pauvres et les médias en ont fait leurs choux gras. Alors qu’elle se transforme en crise du logement à bas loyer, bizarre, on n’en entend plus parler…

Qu'en est-il de Québec?

À Québec, le constat reste sombre malgré un taux d’inoccupation général de 1,4%. L’analyse du Rapport sur les logements locatifs pour la Région métropolitaine de Québec de la SCHL permet de constater que non seulement les familles auront de la difficulté à se loger, mais les plus pauvres d’entre elles n’auront pratiquement plus la possibilité d’avoir un toit au-dessus de la tête. En effet, le taux d’inoccupation pour les logements de trois chambres à coucher est de 1,1% et de 1,2% pour les logements de 2 chambres à coucher. Ces taux ont à peine augmentés depuis l’an dernier et ont même chuté dans la Basse-Ville et Vanier. Dans ces quartiers, le taux de logements inoccupés n'est que de 0,1 % pour les logements de trois chambres à coucher et plus (0,8 % l'an passé). Pour les logements de deux chambres à coucher, le taux de logements vacants est passé de 1,0 % à 0,3 %.

La situation pour les familles les plus pauvres de Québec est d’autant plus désarmante : le taux de logements inoccupés des logements se louant entre 400 $ et 549 $ par mois n'est que de 0,5 % dans les logements de deux chambres à coucher et de 0,7 % dans ceux de trois chambres à coucher et plus.

Selon le FRAPRU, cette situation s'explique en grande partie par les hausses de loyer subies dans les dernières années. Dans la région de Québec, le loyer moyen d'un logement de deux chambres à coucher a atteint 621 $ par mois en 2005. C'est 103 $ de plus par mois qu'en 2000, pour une augmentation de près de 20 % en cinq ans, dont 4,2 % en 2005. Si le loyer avait augmenté au même rythme que l'Indice des prix à la consommation (IPC) depuis 2000, il serait aujourd'hui de 582 $ par mois. La hausse a par ailleurs été de 21 % dans les logements de trois chambres à coucher et plus.

Le Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur espère que ce constat dramatique, basé sur les statistiques de la SCHL, contribuera à convaincre la mairesse Boucher de travailler à la réalisation de nouvelles unités de logement social, que ce soit sous la forme d’habitation à loyer modique (HLM), de coopératives d’habitation ou encore de logements gérés par des organismes sans but lucratif. Rappelons que sous son règne, la ville de Sainte-Foy a été celle où il s’est construit le moins de logement social de toutes les municipalités formant l’actuelle ville de Québec…

FSGPQ Centraide
Créé par: Tommy Rochette