Élections fédérales: Pas de baisses d’impôt, on veut des logements sociaux!
Le 23 janvier prochain, les électeurs et électrices du Canada iront aux urnes pour une deuxième fois
en moins de deux ans. Nous en sommes aux derniers moments de la campagne et, jusqu’à maintenant,
les chefs ayant les meilleures chances de former le prochain gouvernement ne se sont pas aventurés
à des engagements intéressants sur les questions sociales. Pourtant, des dossiers comme l’assurance-chômage,
le développement international, l’environnement et le logement social relèvent du pallier fédéral en tout
ou en partie et constituent les véritables enjeux que les 1,5 millions de ménages mal-logés (dont 351 800
au Québec), les 150 000 personnes sans-abri et les 3,5 millions de personnes à faible revenus veulent voir
débattus.
Aussi, le Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur s’inquiète devant ce mutisme,
d’autant que d’importants reculs ont eu lieu dans le logement social dans la dernière décennie. Et depuis
que Paul Martin a pris le pouvoir en 2003, il y a eu davantage d’élections que de nouvel argent investi
dans la réalisation de logements sociaux financés par ce pallier de gouvernement! Les libéraux ont eu une
chance, avec l’appui du NPD, de débloquer 1,6 milliards $ pour le logement social lors de leur dernier
budget, mais n’ont pas avalisé cette promesse avant les élection, la liant donc à la survie de leur gouvernement.
Quant au Parti conservateur, les dernières annonces laissent présager une aide financière aux propriétaires
et aux promoteurs immobilier plutôt que de garantir un logement décent et à faible coût aux ménages les plus
pauvres.
Actuellement, le fédéral met bien quelques argents dans la construction de coopératives d’habitation au
Québec via sa participation aux programmes provinciaux AccèsLogis et Logement abordable Québec, ce qui ne
permet malheureusement pas de répondre à la demande en logement social. Qui plus est, les promesses faites
par le meneur actuel dans les sondages, Stephen Harper, laissent envisager d’importants reculs, voire la
disparition des deux programmes en privilégiant la voie des incitatifs fiscaux à des promoteurs privés.
Autre volet important du logement social, les habitations à loyer modique (HLM), financées conjointement
par le fédéral et le provincial, sont la seule alternative garantissant à tous ses occupantEs de consacrer
25% de leur revenu à se loger, un avantage certain pour les ménages à faible revenu. Or, il ne s’est construit
aucune HLM depuis que le dernier gouvernement conservateur a mis fin à leur financement (une politique poursuivie
par le tandem libéral Chrétien-Martin). Depuis, les listes d’attente pour y avoir accès sont devenues interminables
et les besoins en rénovations de plus en plus grands.
Pour commencer à répondre aux besoins, le gouvernement fédéral doit investir au moins 2 milliards $
supplémentaires par année dans le développement de nouveaux logements sociaux. L’objectif est de doubler
la somme de près de 2 milliards $ que le fédéral consacre chaque année à l’habitation et qui sert très
majoritairement au paiement des coûts d’exploitation et d’opération des HLM, des coopératives et des OSBL
d’habitation réalisés avant 1994.
Une partie du financement pourrait provenir des surplus de la Société canadienne d’hypothèques et de
logement (SCHL). Cet organisme fédéral responsable de l’habitation a différents champs d’activités dont
l’un est particulièrement rentable : l’assurance hypothécaire. La SCHL connaît là un tel succès qu’elle
accumule elle aussi des surplus de plus de 3,3 milliards $ – lesquels viennent s’ajouter aux surplus
enregistrés par le gouvernement central depuis maintenant 8 ans. Et si la tendance se maintient, la SCHL
disposera d’un avoir de plus de 8 milliards $ en 2009.
Parce que « un toit, c’est un droit », le Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur
demande aux chefs de partis qu’ils s’engagent à réinvestir massivement en logement social, réparer les
torts que le gouvernement fédéral a causé en se retirant totalement de son financement entre 1994 et 2001
et mettre ses surplus financiers au service de celles et de ceux qui en ont le plus besoin : les sans-abri
et les mal-logéEs.