La Coalition régionale pour le droit au logement s’inquiète du mutisme de Josée Verner
La Coalition régionale pour le droit au logement de Québec (Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur, du Comité populaire St-Jean-Baptiste, du Bureau d’animation et d’information logement, du Comité logement d’aide aux locataires du secteur ouest et du Regroupement pour l’aide aux itinérants et itinérantes de Québec) et le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) ont rendu une visite collective à la ministre responsable de la région de Québec, Josée Verner, le 19 avril dernier. Cette dernière n’avait pas donné suite à une demande de rencontre visant à lui présenter l’évolution de la crise du logement dans la région et à l’importance que l’investissement dans le logement social ne soit pas oublié dans le premier budget conservateur.
La trentaine de manifestants pour le droit au logement se sont donc rendus au bureau de la ministre pour réclamer l’application de la loi C 48 votée par la Chambre des communes en juin 2005. Rappelons que cette loi prévoit l’utilisation de 1,6 milliard $ pour le « logement à loyer modique », ce qui permettrait la réalisation de dizaines de milliers de logements sociaux. La loi, qui est en principe toujours en vigueur, prévoit le versement de cette somme si les excédents financiers d'Ottawa dépassent 2 milliards $ en 2005-2006 ou en 2006-2007. Or, avec des surplus anticipés de 10 milliards $ pour chacun de ces deux exercices, le gouvernement Harper n'a aucune raison de se dérober à la loi et de ne pas verser dès son premier budget le 1,6 milliard $.
La Coalition pour le droit au logement craint que l’absence de cet investissement signifie un retour à la période vécue entre 1994 et 2002, alors qu'Ottawa avait totalement cessé d'investir dans la réalisation de nouveaux logements sociaux suite à une décision du gouvernement conservateur de Brian Mulroney. Un tel désengagement affecterait particulièrement le Québec qui est la province qui a le plus rapidement utilisé les sommes fédérales versées depuis 2002 pour le logement abordable et qui l’a fait de la meilleure façon, en privilégiant le logement social. La Coalition et le FRAPRU, rappellent d’ailleurs que la mise en application de la loi C-48 signifierait un transfert important pour le Québec, alors que Stephen Harper a promis, durant la dernière campagne électorale, de régler le problème du déséquilibre fiscal.
La demande portée par les groupes membres du FRAPRU est celle d’un investissement fédéral de 2 milliards $ par année. Les argents pourraient venir à la fois de l’application de la loi C-48 par le gouvernement conservateur et des surplus accumulés de la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL). Notons que sur les 2 milliards $, le Québec recevrait autour de 475 millions $ chaque année, ce qui, jumelé à l’argent investi par le gouvernement québécois, permettrait un grand chantier de 8 000 logements sociaux.
Les manifestants ont finalement laissé une copie d’un document expliquant l’état actuel de la crise du logement pour rappeler au gouvernement Harper l’importance de mesures visant à aider les mal-logés du Canada à quelques semaines du premier budget Flaherty. Josée Verner a promis une rencontre avec des représentants de la Coalition d’ici peu, s’accordant le temps de prendre connaissance du dossier (il faut comprendre qu’elle doit demander à son boss, Stephen Harper, ce qu’elle a le droit de dire et de penser…). À titre indicatif, le gouvernement fédéral considère qu’un ménage éprouve un besoin criant de logement s’il consacre plus de 30 % de ses revenus pour se loger. Le FRAPRU rappelle que, selon les données mêmes du fédéral, 1,5 million de ménages ont des problèmes urgents de logement au Canada, dont 352 000 au Québec, alors que 150 000 personnes sont sans-abri.