Demande de nouveaux HLM : manifestation de 400 personnes et occupation des bureaux du Conseil du Trésor
Quelque 400 membres du FRAPRU venus de Montréal, Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières, Longueuil, Châteauguay et Beauharnois du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) ont manifesté dans les rues de Montréal aujourd'hui pour réclamer le financement de nouvelles habitations à loyer modique (HLM). Au même moment, vingt-cinq personnes ont occupé les bureaux montréalais de la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget. Elles ont été évincées, après deux heures, par les forces policières, à la demande du Conseil du trésor qui avait dans un premier temps refusé d'acquiescer à la demande du FRAPRU qui réclamait une rencontre avec le premier ministre du Québec, Jean Charest.
Le FRAPRU précise que le nombre de demandes de HLM a doublé au cours des dernières années, alors qu'aucun nouveau logement de ce type n'a été financé depuis le 1er janvier 1994. Selon des données compilées par l'organisme, 35 000 ménages se trouvent présentement sur les listes d'attentes des différents offices municipaux du Québec. Seulement pour la région de Montréal, c'est plus de 23 000 ménages qui poireautent sur ces listes, dont plusieurs depuis plus de cinq, voire 10 ans. Dans la Capitale nationale, comme à Longueuil c'est tout près de 2000 ménages qui attendent. Pour Laval, Sherbrooke et Gatineau, ce nombre est de 1000 à chaque endroit.
Le FRAPRU rappelle que, selon les derniers chiffres de Statistiques Canada, 218 490 ménages locataires payent plus de 50 % de leur revenu pour se loger. « Avec la pénurie de logement que connaît le Québec depuis ces cinq dernières années et les hausses majeures de loyer qui en ont résulté, la réalité doit être pire que ce que les chiffres disent» selon le coordonnateur de l'organisme, François Saillant. «Douze ans sans HLM, c'est assez ! », proclament les membres du FRAPRU, en réitérant leur volonté de poursuivre l'occupation, tant qu'une rencontre avec M. Charest n'aura pas été confirmée.
Un avis d'éviction a finalement été émis et la police a escorté les manifestants vers l'extérieur, où les attendaient les nombreux manifestants.