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Le ministre Audet jette la serviette : Zéro investissement en logement social malgré la crise du logement qui continue

Communiqué de presse du FRAPRU, 20 février 2007

Malgré la pénurie de logements locatifs qui continue de sévir dans plusieurs centres urbains, particulièrement du côté des logements familiaux à bon marché, le gouvernement du Québec n'investira aucune ressource supplémentaire au développement de nouveaux logements sociaux au cours de la prochaine année, s'il est réélu. Au mieux, il maintiendra les investissements consentis les années passées pour livrer d'ici 2009 les 20 000 logements déjà promis dont il s'approprie à tort la paternité. Rien pour régler les problèmes de logement des familles et des aînéEs, pourtant des groupes ciblés par le discours du budget. Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) est scandalisé.

Pire, le gouvernement Charest utilisera les 187,4 millions $ que le fédéral lui réserve dans un compte en fiducie depuis plusieurs mois « dans la rénovation de logements abordables existants » (Discours du budget 2007-2008, p. 18) plutôt que dans la création de nouvelles unités d'habitation. On se rappellera que cette somme est le résultat d'une entente entre le gouvernement libéral de Paul Martin et le Nouveau parti démocratique de Jack Layton conclue en 2005 et qu'elle devait soutenir la réalisation de nouveaux logements. Selon Marie-José Corriveau, porte-parole du FRAPRU, cet apport fédéral aurait été pourtant l'occasion pour le gouvernement québécois de reprendre la construction de nouvelles habitations à loyer modique (HLM), interrompue depuis 1994 et dont la demande est sans cesse croissante.

Le FRAPRU rappelle que la pénurie des logements locatifs perdure dans la plupart des centres urbains, le taux d'inoccupation général tournant autour de 1,5 % notamment à Québec, à Sherbrooke et à Trois-Rivières. Les principales victimes sont les familles. « Les familles à faible revenu en particulier n'arrivent toujours pas à se loger convenablement » indique monsieur Lefebvre Legault. « À Québec et à Gatineau, pas moyen de trouver un logement de 3 chambres à coucher à moins de 500 $ par mois. À Montréal, le taux d'inoccupation de ce type de logement n'est que de 0,5 %, bien en dessous du seuil d'équilibre de 3 % », précise-t-il. Le FRAPRU rappelle également que pour se loger déjà en 2001, , bien avant les importantes hausses de loyer qu'on a connu depuis, 111 000 ménages québécois devaient consacrer plus de 80 % de leur revenu. Marie-José Corriveau rappelle en effet que les loyers ont grimpé de 18 % à 25 % entre 2000 et 2006, alors que l'augmentation de l'indice des prix à la consommation n'était que de 10 % durant la même période.

Par ailleurs, le FRAPRU doute que les Libéraux parviennent à livrer les 20 000 logements promis s'ils ne réapprovisionnent pas le programme de décontamination des sols, Revi-Sol. Le budget Audet prévoit en effet que seuls les sites gouvernementaux contaminés bénéficieront d'investissements pour leur restauration. « Tous les projets en développement sur des terrains privés ou municipaux contaminés risquent d'être compromis » selon madame Corriveau, « et on sait qu'ils sont nombreux dans la plupart des villes ».

Nicolas Lefebvre Legault, président du conseil d'administration du FRAPRU, précise pour sa part que « le gouvernement Charest n'est pas l'unique responsable de la création des 20 000 logements dont il se vante, il inclut là-dedans 13 000 logements déjà financés par le gouvernement péquiste précédent. Le bilan libéral est plutôt de 7 000 logements sociaux et abordables. Et là-dessus, il y a 2065 logements privés dits « abordables » dont les loyers se situent entre 800 $ et 900 $ par mois. Au final, on parle en fait de 4935 logements sociaux qui soient directement attribuables aux Libéraux québécois ».

Une autre déception du FRAPRU est que le gouvernement ne corrige toujours pas le programme d'allocation-logement. Ce programme a été mis sur pied à la fin des années '90 et n'a pas été indexé depuis. De plus, les personnes seules et les couples sans enfant en sont toujours exclus.

Seul sujet de soulagement pour le FRAPRU : l'ajout de 56 millions $ pour les suppléments au loyer d'urgence versé aux ménages qui ont été sans logis entre 2001 et 2006 à cause de la pénurie de logements. On se rappellera en effet qu'il y a 2 semaines, le gouvernement a finalement consenti à reconduire ces subventions après plusieurs interventions du FRAPRU. L'ajout de cette somme signifie que la Société d'habitation du Québec n'aura pas à en financer la reconduction à même son budget régulier.

Le FRAPRU constate que le gouvernement jette la serviette en ce qui concerne la lutte à la pauvreté : il n'applique aucun correctif à la demi indexation des trois dernières années des prestations de dernier recours de la sécurité du revenu, enfonçant inexorablement les personnes assistées sociales dans la misère. « Comment voulez-vous vous loger convenablement et adopter des saines habitudes de vie avec des prestations de base de 548$ par mois? » s'indignent les porte-parole du FRAPRU; « et ce ne sont pas les nouveaux crédits d'impôts touchant les contribuables ayant des revenus annuels de 25 000 $ et plus qui vont y changer quoique ce soit. »

Le FRAPRU promet quant à lui de ne pas lâcher prise. Il entend suivre à la trace le Parti libéral et son chef au cours des prochaines semaines pour arracher des engagements électoraux en vue de corriger les iniquités de ce budget.

Pour en savoir davantage, consultez le site Internet du FRAPRU

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Créé par: Tommy Rochette